Un peuple soupire à l'unisson, inconscient de la victoire qu'il signe.
C'est fait. Les Italiens ont gagné, ou plutôt nous n'avons pas gagné.
Autour d'un ballon, tensions et déceptions, des millions de regards, mais un seul espoir.
Dimanche mes amis, nous avons doublement gagné. Nous avons gagné parceque nous avons été les meilleurs, et nous avons gagné parceque nous avons été unis. C'est peut être la plus belle des victoires.
Tout les manifestants et autres révolutionnaires ont mis de côté leurs avis d'antant, seuls résistent encore quelques illuminés allergique à toute vague forme de patriotisme.
Non, vraiment, c'est beau. Une solidarité palpable flotte sur nous, comme un souffle éphémère de paix. C'en est presque émouvant.
Mais demain tout s'envole. Tout. Même ce sourire qu'un inconnu vous offre après un but, même cette peur qui nous a rapproché, même cet engouement qui nous prenait ensembles. Alors seuls restent le souvenir d'un heureux penalty, celui d'une deuxième mi-temps de domination, celui d'une angoisse qui nous a pénétré aux moments des prolongations... Et enfin, celui d'un artiste qui est parti la tête basse, d'un dieu redevenu mortel aux yeux d'une nation.



